Alors qu’elle vient de lancer son Plan d’Épargne Retraite (PER), La France Mutualiste, conseil mutualiste en assurance et épargne, a interrogé avec BVA, les Français sur leur manière d’appréhender cette étape clé de leur vie qu’est la retraite. Regards croisés entre deux générations.

Résultat : se sentant majoritairement heureux et libres, connectés et dynamiques, les retraités sont bien loin de passer leurs journées à tricoter ou à attendre devant la télé la venue de leurs petits-enfants comme l’imaginent les moins de 60 ans.

On note de fait un véritable décalage de perception entre les actifs et les seniors sur la retraite et sur l’idée que, respectivement, ils s’en font. Ces derniers ont un avis majoritairement positif sur la situation qu’ils vivent, alors que les moins de 60 ans projettent sur cette période des craintes plus ou moins fantasmées.

Premier constat : la retraite n’est pas synonyme de vieillesse ! Ainsi, les plus de 60 ans considèrent que cette dernière ne commence qu’à partir de 75 ans. Et on le sait, plus ils sont âgés, plus cet âge butoir recule. A contrario, les 18/30 ans estiment que l’on entre dans la vieillesse dès 59 ans (à ce titre, rappelons que l’on est toujours le « vieux » de quelqu’un) !

Une large majorité des sondés (87%) de plus de 60 ans parle positivement de la retraite. Pour un gros tiers (36%), celle-ci serait synonyme de davantage de liberté et de temps libre (31%), avec une absence de contraintes qui laisse la possibilité de se consacrer à de nombreuses activités (44%).

Toujours selon cette étude, si le fait de dédier du temps à sa famille reste un point important, ce n’est pas ce qui vient spontanément à l’esprit des seniors lorsqu’ils pensent à la retraite : seuls 19% des répondants l’évoquent. Enfin, plus de 9 retraités sur 10 se sentent encore très dynamiques, déclarent avoir le moral et se sentir bien entourés (89%).

Une vision de fait assez éloignée de l’idée que se font les moins de 60 ans sur la retraite. S’ils perçoivent cette notion de liberté et de temps libre pour une très large majorité (94%), ils soulignent, davantage que leurs ainés, les difficultés qui peuvent se présenter : sentiment de solitude (38% vs 23% des 60 ans et plus), d’ennui (29% vs 12%) et de dépendance (46% vs 26%).

Toujours selon cette enquête, il faut oublier les seniors tricotant toute la journée (21% seulement des réponses des retraités), lisant le journal, jouant aux cartes ou faisant des mots croisés (73%). Les moins de 60 ans sont pourtant persuadés que ce sont là leurs occupations préférées (85% pensent que les retraités pratiquent régulièrement le tricot et 96% les mots croisés).

Pour le coup, la moitié des 60 ans et plus s’épanouit en réalité dans des activités domestiques et manuelles comme bricoler, jardiner et cuisiner (ce que de nombreuses études montrent déjà depuis longtemps d’ailleurs).

Quant à leur participation à la vie locale et associative, que les moins de 60 ans estiment très active chez leurs ainés (92%), elle ne concerne en fait qu’un peu plus de la moitié (57%) d’entre eux.

Autre idée reçue qui a la vie dure : les seniors sont bien loin d’être dépassés par la technologie. Ainsi, une très large majorité (82%) est à l’aise avec les outils numériques, la quasi-totalité (98%) surfe sur le web et les deux-tiers (64%) échangent sur les réseaux sociaux. Pour autant, 38% des moins de 60 ans sont persuadés qu’ils sont peu connectés et que seuls 29% d’entre eux vont régulièrement sur Internet.

Les actifs s’imaginent que s’occuper de leurs petits-enfants est la première source d’épanouissement de leurs ainés (60%) et pour 47% que c’est avec eux qu’ils sont les plus heureux. Que nenni, en réalité, la moitié des seniors préfère voir leurs amis. S’occuper de leurs petits-enfants n’arrive qu’en 4e position (43%) et 19% seulement les citent lorsqu’ils évoquent les personnes avec lesquelles ils passent leurs meilleurs moments, loin derrière leur conjoint (41%).

D’ailleurs, cet épanouissement passe aussi par une activité sexuelle et amoureuse (un petit pourcentage toutefois, 5% des répondants de plus de 60 ans). De fait, ils accordent beaucoup d’importance à leur apparence (94%). A ce titre, pour rester en forme, la majorité (79%) pratique une activité physique. Et 82% se déclarent en bonne santé alors que 63% des moins de 60 ans supposent qu’ils le sont.

Lorsqu’on leur demande quelle période de leur vie ils aimeraient revivre, les retraités sont loin d’être unanimes. Ainsi, un petit quart (23%) opterait pour la trentaine. Plus étonnant, ils sont néanmoins 21% à être satisfaits de leur âge et sans nostalgie vis-à-vis de leur vie d’avant. Ils estiment majoritairement (59%) qu’ils vivent mieux que les retraités d’il y a trente ans.

Toutefois, ils pensent que cette amélioration de leurs conditions de vie n’est pas immuable : un petit tiers (31%) estime qu’ils vivent actuellement la meilleure période, mais s’attendent à une dégradation de la situation des retraités dans les années à venir.

Une crainte partagée par les moins de 60 ans, qui se montrent encore plus pessimistes : seule la moitié d’entre eux (47%) considère que les retraités d’aujourd’hui vivent mieux que ceux qui seront à la retraite dans 30 ans et 20 % estiment même que la situation ne fait que se dégrader.